AVEC MARIE ET JOSEPH, VEILLONS SUR L’ENFANT JÉSUS

Père Ébodé Onambélé Benjamin, m.s.a.

AVEC MARIE ET JOSEPH, VEILLONS SUR L’ENFANT JÉSUS

Nous sommes les enfants de Dieu notre Père qui, dans son grand Amour, ne veut pas notre perte. Le péché nous ayant éloignés de lui, il nous a envoyé l’Enfant Jésus pour diminuer l’écart grandissant entre le divin et l’humain. Marie et Joseph sont le canal par lequel nous parvient l’Emmanuel dans la fragilité et l’innocence d’un enfant. D’où la nécessité de veiller. Marie et Joseph l’ont fait avant nous et nous pouvons le faire à notre tour, en nous appuyant sur leur expérience. L’Enfant Jésus est présent dans notre monde, Il est dans notre cœur et sollicite notre bienveillance. Il est dans le pauvre sans abri, dans le malade sans soins adéquats, dans le mourant sans caresses affectives, dans la veuve sans défense, dans l’orphelin abandonné, dans le migrant qui fuit l’hostilité et la famine ; Il est dans le faible opprimé, dans le chômeur, dans le riche sans Dieu, dans le blessé affectif, psychologique et moral ; Il est dans l’oublié, le rejeté ; il est en toi, il est en moi, Il attend impatiemment que je veille sur Lui en exerçant ma responsabilité.

Ceci dit, avec Marie et Joseph veillons sur l’Enfant Jésus ! Pour y arriver, voici quatre attitudes sous forme de béatitudes : être à l’écoute, être présent, prendre la fuite et aller à la recherche.

Être à l’écoute. Heureux ceux et celles qui, comme Marie et Joseph,  écoutent la voix de Dieu à travers les anges, ils accueilleront l’Enfant Jésus.   

Après avoir accueilli le message de l’ange Gabriel, Marie, par sa disponibilité, a conçu en son sein l’Enfant Jésus.  Joseph recevra à son tour la visite de l’ange qui l’invite à prendre chez lui Marie son épouse et à veiller sur l’Enfant qu’elle porte (Mt 1, 18-25). L’écoute de Joseph trouve son expression dans son silence contemplatif, sa discrétion et dans la mise en œuvre des paroles de l’ange. Comme Marie et Joseph, écoutons dans le silence pour comprendre afin de répondre dans l’action. Écouter, c’est comprendre. Et pour comprendre, il faut être présent.

Être présent. Heureux ceux et celles qui, comme Marie et Joseph, sont présents aux côtés de l’Enfant Jésus, ils verront et contempleront les merveilles de Dieu.  

Les premiers auprès de la Sainte Famille, les premiers à contempler l’Enfant Jésus et à qui Dieu donne l’opportunité de répandre la Bonne Nouvelle, ce sont les bergers, eux qui pourtant étaient considérés comme des exclus de la société. L’Enfant Jésus a besoin d’une présence affective et contemplative, et ce sont les bergers qui sont présents. Combien de personnes dans le monde ont besoin de notre présence ? En effet, l’enfant Jésus a besoin de notre présence à ses côtés et aux côtés de ces personnes fragiles et pauvres qui sont des crèches ambulantes dans lesquelles est couché l’enfant Jésus. Soyons cette présence affective, attentive, contemplative et efficace.

Prendre la fuite. Heureux ceux et celles qui prennent la fuite comme Marie et Joseph, ils sauveront l’Enfant Jésus.  

Joseph, avec Marie, prirent la fuite pour protéger l’Enfant Jésus de l’hostilité du roi Hérode (Réf. Mt 2, 13-15). Prendre la fuite n’est pas toujours signe de faiblesse ou de peur. C’est aussi un signe de sagesse et de prudence. Fuir est un signe héroïque, car la fuite nous met face à de nouveaux défis ; elle nous mène vers une nouvelle aventure. Sommes-nous prêts à affronter la nouveauté pour protéger l’Enfant Jésus en nous ? Sommes-nous prêts à réserver un accueil charitable à ceux et celles qui se sentent obligés de fuir l’hostilité, la misère, les guerres ?  Bien-aimés du Seigneur, il convient pour nous de nous sauver avec l’Enfant Jésus, de Le sauver pour qu’Il nous sauve. S’Il se sauve à notre insu, allons tout simplement à sa recherche.

Aller à la recherche. Heureux ceux qui vont à la recherche de l’Enfant Jésus, ils le trouveront.  

Pour trouver Jésus, il faut aller à sa recherche. Trouver Jésus pour qu’il nous trouve, voilà en quoi consiste notre démarche. « Le troisième jour, Marie et Joseph découvrirent l’Enfant Jésus dans le temple : il était assis au milieu des maîtres de la loi, les écoutait et leur posait des questions » (Lc 2, 46). Veiller sur l’Enfant Jésus c’est aller comme, et avec Marie et Joseph à sa recherche. Veiller sur l’Enfant Jésus, c’est ne pas l’oublier au temple. Lorsque nous allons à l’église pour vivre une célébration eucharistique, nous recevons Jésus dans l’hostie, non pas pour le laisser au temple, mais pour l’amener avec nous. Veiller sur l’Enfant Jésus, c’est aller à sa recherche là où nous pouvons le trouver ; ça prend patience et persévérance.   

Bien-aimés du Seigneur, frères et sœurs dans le Christ, nous traversons actuellement des temps difficiles qui mettent notre foi à l’épreuve ;  veiller sur l’Enfant Jésus en nous c’est mettre notre foi à l’abri de tout ce qui peut l’ébranler, c’est ne laisser personne ni aucune situation, si difficile soit-elle, voler notre espérance.

En tout, loué soit Jésus-Christ, et bonne lecture !

Père Benjamin Ébodé Onambélé , m.s.a.