Les Livres des Maccabées (texte de l'enseignement biblique)

Père Ébodé Onambélé Benjamin, m.s.a.

Les livres des Maccabées ou livres des martyrs d’Israël selon certains. Titre qui provient du nom du principal héros du texte qui est Judas Maccabée, fils de Mattathias, il est le soldat le plus talentueux parmi ses frères, il remporta les victoires étonnantes contre les armées ennemies.

Ils rapportent l’histoire du peuple juif à l’époque où celui-ci se révolta contre le régime que lui imposait les souverains séleucides, successeurs d’Alexandre le grand, qui régnaient à Antioche de Syrie. C’est l’histoire des luttes menées contre les souverains séleucides pour obtenir la liberté religieuse et politique du peuple juif.

La cause donc servent ces héros (Judas Maccabée et ses frères) : la fidélité au vrai Dieu et à sa Loi, l’indépendance nationale du peuple juif, nécessaire pour garantir le libre exercice du culte et l’observance des prescriptions mosaïques.

Le premier livre des Maccabées couvre la période allant de 175 à 134 avant Jésus-Christ. Il évoque les règnes d’Alexandre le grand et de ses successeurs séleucides (anciens), et en particulier la politique d’Antiochus IV (Épiphane), qui vise à imposer aux Juifs les mœurs et les cultes grecs.

La brutalité de cette politique provoque la révolte du prêtre Mattathias et de ses fils.

Judas Maccabée mène la lutte armée de 166 à 160 contre les généraux successifs de l’armée séleucide.

Après sa mort, son frère Jonathan prend la relève (160-142), mais sa lutte est plus politique que militaire. Il est nommé grand-prêtre par le roi Alexandre Balas, mais il meurt en 142, assassiné par Tryphon, un général syrien qui convoitait le trône d’Antiochus IV.

Son frère Simon prend la suite (142-134). Nommé lui aussi grand-prêtre par le roi Démétrius II, il reprend la lutte armée et obtient l’autonomie pour ses compatriotes.

Le premier livre des Maccabées est précieux pour reconstituer l’histoire du peuple juif en ces années troublées ; il permet d’éclairer de nombreuses allusions formulées de façon plus ou moins voilée dans les visions du livre de Daniel.

Le deuxième livre des Maccabées n’est pas la continuation du premier, il lui est parallèle. Son but est d’inviter les juifs d’Égypte à commémorer, eux aussi, la dédicace du temple de Jérusalem, reconquis et purifié entre 165 et 164 avant Jésus-Christ par Judas Maccabée.

Ce but est clairement défini dans la première partie du livre (Chap. 1-2).

La deuxième partie (Chap. 3-7) raconte comment les Grecs ou leurs partisans pillent le trésor sacré et introduisent au temple les cultes païens, comment aussi ils veulent contraindre par la torture les Juifs fidèles à renier leur foi pour adopter les mœurs et la religion grecques.

Dans la troisième partie (Chap. 8-15), le livre rapporte la révolte armée déclenchée par Judas Maccabée, et ses premiers succès contre les troupes grecques, ce qui permet la purification du temple et la restauration du culte juif. Puis il relate de nouvelles victoires de Judas jusqu’à la mort de Nicanor, chef de l’armée de Démétrius 1er.

Deux originalités du livre se dégagent :

  1. Judas adresse à Dieu une prière pour les morts et offre même un sacrifice expiatoire en leur faveur (Chap 12).

  2. Il voit aussi en vision l’ancien grand-prêtre Onias et le prophète Jérémie, deux saints hommes du passé, intercéder auprès de Dieu pour le peuple en danger (Chap. 15).

Etude de texte : 2 M 12, 38-46

(Autre texte à méditer 2 M 7, 1-42)

Pourquoi devons-nous prier pour les morts ?

  • Pour soulager leur peine (pardon de leurs péchés)

  • Pour la communion avec l’Eglise souffrante

  • Pour qu’en retour, ils intercèdent pour nous.

Ce texte exprime la conviction que la prière et le sacrifice expiatoire sont efficaces pour la rémission des péchés des défunts.

 

CONCLUSION

Les deux livres des Maccabées nous révèlent cinq choses auxquelles les Juifs croyaient. Écrits environ un siècle avant Jésus-Christ, ils nous donnent un aperçu de la vie des Juifs tout juste avant l’Incarnation.

  1. « Israël » est le petit reste fidèle

Pour les auteurs des livres des Maccabées, le nom « Israël » désigne les gens qui étaient restés fidèles à Dieu, ceux qui refusèrent d’abandonner la Loi, une minorité. Toutefois, avec la Nouvelle Alliance, le royaume de Dieu s’étend désormais à toutes les nations. Toute personne est appelée à entrer dans la grande famille de Dieu. « Israël » est la figure lointaine de l’Église. L’Eglise est l’actuel « Israël ».

  1. Les saints qui meurent ressusciteront pour la vie éternelle

Au temps des Maccabées, certains Juifs croyaient en la résurrection des morts, d’autres non. Ce fut le cas avec les Sadducéens, au temps de Jésus qui niaient encore la résurrection des morts. Ceux qui ont été fidèles aux commandements de Dieu auront la vie éternelle comme récompense.

  1. Le martyre est préférable à l’apostasie

Apostasie= péché qui consiste à se détourner du culte du vrai Dieu. Les saints de Dieu s’attendent à recevoir la vie éternelle en récompense, il est préférable de perdre cette vie que de se détourner de Dieu. Quand on compare la brièveté de la vie à l’éternité, rien de ce qui nous arrive ici-bas ne vaut le risque de perdre la vie éternelle.

  1. Dieu juge ses créatures comme un père juge ses enfants

La souffrance est un moyen de purification. Selon l’auteur des Maccabées, la souffrance est la conséquence du péché et non l’abandon par Dieu. Face à la souffrance ce n’est pas l’amour de Dieu qu’il faut mettre en cause, mais plutôt la responsabilité humaine, c’est elle qu’il faut interroger.

  1. Il est bon et profitable de prier pour les morts

« Quand Judas s’aperçut que certains de ses soldats étaient morts avec des amulettes païennes, il pria Dieu de pardonner leur péché. Bien qu’ils aient été morts, il n’a pas considéré leur état après la mort comme un état définitif ». L’infidélité est la cause de la mort. Dieu rend manifeste les choses cachées. Prier pour le pardon des péchés des autres. « À cause de sa ferme croyance en la résurrection, Judas fit ce qu’il put pour réparer les péchés des soldats qui étaient morts. Ce qui impliquait la croyance que les morts peuvent être encore aidés par nos prières, et constitue la base de la doctrine chrétienne du purgatoire.

Père Benjamin Ébodé Onambélé , m.s.a.