Le Livre de Ruth

ENSEIGNEMENT DU 13 OCTOBRE 

LE LIVRE DE RUTH

Introduction

Le livre de Ruth est un court recueil de quatre chapitres qui raconte l’histoire d’une famille à l’époque des Juges dont Ruth est le personnage principal, l’héroïne. C’est un livre qui vient après celui des juges, parce qu’il se situe à l’époque pendant laquelle les juges dirigeaient le peuple d’Israël.

Initialement, Éliméleck et Noémi les beaux-parents de Ruth, avec leurs deux fils, Malon et Kilion, vont quitter Bethléem à cause de la famine pour se réfugier dans le pays de Moab, région reconnue fertile, située à l’Est de la mer morte. Le pays de Moab est mal vu par Israël. Cela n’empêche pas Malon d’épouser Ruth une moabite. Après la mort de son mari, Noémi décide de retourner en Juda, pays de ses ancêtres qui, entre temps, est redevenu prospère. Ruth décide avec insistance d’émigrer au pays de sa belle-mère. Cette dernière finit par accepter suite à un serment loyal livré par Ruth qui accepte de choisir le Dieu de Noémi comme le sien.

Le livre s’achève par une généalogie succinte des ancêtres du roi David. On le retrouvera intégrée dans la généalogie de Jésus, qui mentionne seulement cinq femmes, dont Ruth (Mt 1,1-17).

Contenu : 

Le livre de Ruth était lu à la Synagogue pendant la fête de la Pentecôte. Le livre raconte l’histoire touchante de Ruth, la jeune veuve moabite qui se rendit avec sa belle-mère Noémi à Bethléem. Elle rencontre Booz dans le champ où elle glanait (récupérer les restes) les épis pour pouvoir survivre, elle et sa belle-mère. Booz un membre de la famille de son mari, va ainsi épouser Ruth, de cette union naîtra Obed le grand-père de David. Le livre en résumé nous montre comment une étrangère est entrée dans le peuple de Dieu. Ruth, une étrangère sera ainsi mentionnée dans la généalogie de Jésus, selon Matthieu (Mt 1, 5).

Origine :

Les traditions juives et chrétiennes attribuent le livre de Ruth à Samuel, cela n’est pas prouver, donc l’auteur reste vraiment inconnu. Le livre a été écrit pendant ou après l’exil (à cause des expressions araméennes qui s’y trouvent).

Thèmes :

Le livre souligne l’obligation du lévirat (en application de la loi du lévirat[1]. Rappelons-nous de la question posée à Jésus par les Saducéens sur la femme qui avait eu 7 frères pour époux Lc 20, 27-39). Il illustre l’histoire des ancêtres de David en parlant du mariage avec les étrangères (la puissance de l’amour qui brise les barrières discriminatoires, qui ouvre la porte aux étrangers, le pouvoir de l’amour qui écoute les cœurs et non la loi). En effet, Néhémie et Esdras avaient initié des mesures très rudes concernant les mariages avec des étrangères. En épousant Ruth, Booz exerce plutôt un droit qu’un devoir. De ce mariage va naître Obed qui sera le grand-père de David.

Étude de texte : Rt 1, 6-19

Mahlôn = langueur

Kilyôn = consomption

Orpa = celle qui tourne le dos

Ruth = l’amie, comblé de biens

Noémi = ma douceur

Éliméleck = mon Dieu est roi

La fidélité = se détacher pour s’attacher, aimer l’autre avec toutes les réalités qui le constituent.

 Conclusions

  • Avec Dieu, il n’y a plus d’étrangers, il n’y a plus d’esclaves.

  • On a dans ce livre trois personnages qui suscitent de l’admiration :

  1. Noémi : elle pousse sa belle-fille à la quitter pour revenir dans leur pays, par ce geste, elle donne la possibilité à ses belles-filles de refaire librement leur vie. Plus tard, elle va se soucier de l’établissement de celle qui lui est restée fidèle (de nos jours, elles sont rares les belles-mères qui se soucient de leur belle-fille, et vice-versa).

  2. Ruth : belle-fille, loyale et exemplaire, modèle de la fidélité envers le Dieu d’Israël (le Dieu de sa belle-famille), modèle de fidélité familiale qui prononce des paroles les mieux placées pour exprimer la fidélité (Rt 1, 16-17). Elle accepte épouser un membre de la famille de son mari par fidélité aussi. Elle travaille comme glaneuse dans le champ de Booz et prend soin de mettre de côté du grain pour Noémi sa belle-mère (le souci des autres).

  3. Booz : il se montre généreux envers celle qui n’est qu’une étrangère, invitant ses moissonneurs à laisser tomber quelques épis pour qu’elle puisse les ramasser.

  • David le grand roi a donc des racines moabites, ce qui peut se justifier dans 1Sm 22, 3 : David cherche refuge pour ses parents auprès du roi de Moab, au temps de la persécution de Saül.

  • Le récit montre un exemple captivant de fidélité dans des relations humaines et de confiance en Dieu.

  • Ruth la moabite, l’étrangère, arrière grand-mère de David a sa place dans la généalogie de Jésus (Mt 1, 5).

  • Le mariage entre Booz et Ruth pourra servir de contre-exemple à des époques qui refuseront les mariages avec des étrangers.

Prochain enseignement 10 Novembre 2018

P. Benjamin ÉBODÉ ONAMBÉLÉ, msa

1. [1]Obligation que la loi de Moïse imposait au frère d'un défunt d'épouser la veuve sans enfants de celui-ci afin de lui assurer une descendance. Les enfants issus de ce remariage ont le même statut que les enfants du premier mari.

Père Benjamin Ébodé Onambélé msa