La pauvreté du coeur: une richesse inestimable

La pauvreté du cœur : une richesse inestimable

 

Pendant qu'ils étaient là, le moment où Marie devait accoucher arriva,
et elle mit au monde son fils premier-né. Elle l'enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans la salle des hôtes. 
(Lc 2, 6-7)

La pauvreté du Christ

 

Jésus, le Verbe, s’est fait chair, et Il a habité parmi nous, prenant notre condition humaine, naissant dans une famille. Le Seigneur, le roi des rois, n’a pas choisi un palais somptueux pour venir au monde, mais il naît dans une étable dénué de tout confort et de toute richesse. Notre Sauveur se fait non pas roi de pouvoir et de domination, mais plutôt, il se fait humble et pauvre, accessible à tous. Il ne recherche pas les grandeurs, mais la simplicité du cœur. Il se fait frêle et petit, attendant des hommes qu’ils ouvrent leur cœur pour pouvoir enfin y demeurer.

La pauvreté du cœur passe par un cœur d’enfant

 

Un petit enfant, quelle innocence ! Il me semble qu’un bébé tout neuf ne laisse personne indifférent. Tout le monde a le goût de le prendre, de le caresser, de le bercer, de l’embrasser. Et, au moindre petit geste ou sourire, on ne cesse de s’émerveiller. Tout s’arrête devant un bébé ; on vit l’instant présent, car l’enfant le vit pleinement. On perd alors son sérieux d’adulte pour redécouvrir comme il est beau et bon d’aimer tout simplement ! La pureté d’un enfant, quelle douceur, quelle délicatesse. Avec l’âge, nous perdons trop facilement cette joie de s’émerveiller, de s’abandonner et de faire confiance que l’Amour prend soin de nous. Jésus nous le rappelle pourtant qu’il faut avoir un cœur d’enfant pour entrer dans le Royaume de Dieu, pour vivre dès ici-bas son Royaume d’amour. Sainte Thérèse dans sa petite voie nous enseigne à son tour : «Moi je voudrais aussi trouver un ascenseur pour m’élever jusqu’à Jésus, car je suis trop petite pour monter le rude escalier de la perfection. Alors, j’ai recherché dans les livres saints l’indication de l’ascenseur, objet de mon désir, et j’ai lu ces mots sortis de la bouche de la Sagesse Éternelle : «Si quelqu’un est TOUT PETIT, qu’il vienne à moi.» Alors je suis venue, devinant que j’avais trouvé ce que je cherchais et voulant savoir, ô mon Dieu ! ce que vous feriez au tout petit qui répondrait à votre appel. J’ai continué mes recherches et voici ce que j’ai trouvé : «Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous bercerai sur mes genoux !»

Jésus, mendiant d’amour

 

Jésus, le Tout-Puissant, le Seigneur des seigneurs, se fait enfant. Jésus, déjà tout petit, ne s’impose pas au monde, Il s’offre tout simplement. C’est par les bras de Marie, sa Mère et la nôtre, qu’Il vient quémander notre cœur, notre oui à l’Amour. Et oui, Jésus est un mendiant d’amour. Nous avons été faits enfants de Dieu, crées par amour et faits pour l’amour. Cet Amour ne peut se déverser entièrement sans notre consentement. Jésus, à l’image d’un enfant qui attend qu’on le prenne dans ses bras pour y être comblé d’amour, attend qu’on le choisisse pour se donner sans mesure. Dieu a besoin de ton cœur pour se livrer entièrement. Jésus, couché dans une mangeoire s’offre déjà à nous en nourriture pour la vie éternelle. C’est lui la vraie nourriture. Ainsi en est-il de la Sainte Hostie dans l’Eucharistie. C’est Jésus qui y est véritablement présent. Mais, tant que nous ne venons pas le recevoir, Il demeure comme prisonnier d’amour au Tabernacle.. Le recevoir, c’est l’inviter à venir chez toi.

Pauvre parmi les pauvres 

 

La toute petitesse de Jésus nous invite à accueillir et vivre ainsi. «Il s’est fait pauvre, Lui qui était riche, pour qu’en sa pauvreté, vous trouviez la richesse.» Aujourd’hui, la pauvreté n’est pas quelque chose dont on parle avec éclat. Pourtant, les pauvres, les exclus de notre société sont en fait la richesse de notre monde. Jésus n’est pas venu pour les bien-portants, ni pour les justes, mais pour les pauvres et les malades. Lorsqu’on ne possède rien, c’est alors qu’on peut tout attendre. Ceux qui œuvrent auprès des plus pauvres vous le diront que celui qui donne reçoit toujours davantage qu’il a donné. Il se découvre alors lui-même être pauvre. Nous sommes invités à se faire soi-même pauvre pour accueillir l’autre comme un frère, une sœur. Celui qui peut nous faire accueillir pleinement les pauvres dans toute leur dignité d’enfants de Dieu, c’est bien le Christ qui s’est fait le pauvre parmi les pauvres. Marchons donc à sa suite !

La force dans la faiblesse

 

Nos pauvretés ne doivent pas être perçues comme une barrière, une limite à l’action de Dieu en nous. Elles ne doivent pas nous anéantir ni nous empêcher d’aller de l’avant. Car ce qui peut nous sembler être faiblesse, limite, pauvreté n’est pas un anéantissement. C’est pourquoi saint Paul disait : «C’est quand je suis faible que je suis fort. » Il pouvait le dire avec joie et fierté car il avait accueilli les grâces de Dieu pour prendre conscience de sa pauvreté qui n’était alors plus faiblesse, mais force. Car en se reconnaissant petit et pauvre, il pouvait tout attendre de Dieu. L’humilité et la pauvreté ne font pas de nous des gens diminués, repliés sur nous-mêmes, mais plutôt, elles nous ouvrent plus grand le cœur, le déploie pour s’ouvrir aux rayons de l’Amour de Dieu et à ses grâces innombrables. Oui, les mains vides que je t’offre accueillent l’Amour que tu es. Mon cœur pauvre qui te cherche, trouve en toi repos et paix.

 

Enfants de Dieu, tous nous le sommes

 

Jésus, en venant dans notre monde n’est pas venu seulement pour nous sauver. Il est venu nous rappeler que nous sommes enfants de Dieu et que même lorsque nous nous sommes séparés de Lui, Il ne nous a jamais abandonnés. Tous nous avons une valeur inestimable à ses yeux. C’est sous son regard et en se laissant toucher par Lui que nous pouvons le découvrir. Chacun et chacune de nous est important. Dieu a déposé tout son Amour en chacun de nous. Il se complaît dans les cœurs pauvres qui l’accueillent et attendent tout de Lui pour vivre d’Amour. Qu’en ce Noël, tous et chacun puissent redécouvrir la beauté de la vie, de chaque vie venue de Dieu! Jésus veut nous redire encore et sans cesse : N’oublie pas, toi, tu es mon enfant bien-aimé (e), je t’ai choisi(e). Tu as du prix à mes yeux et je t’aime d’un amour infini!»

Marie-Ève Duval