La Miséricorde Divine, folie d’amour et de tendresse

La Miséricorde Divine est pour moi un grand mystère d’amour insondable, une source infinie de grâces. J’aime à penser que la Miséricorde me donne accès au Cœur du Père, où je m’abrite, afin de trouver réconfort et paix. J’imagine aussi que la Miséricorde Divine est un océan infini où je peux plonger, baignant ainsi continuellement dans l’Amour infini du Père, du Fils, du Saint-Esprit.

Tout cela peut vous paraître étrange, invraisemblable, pure folie! Je dirais plutôt que c’est une folie d’amour! Et d’ailleurs, n’est-ce pas ce qu’est la Miséricorde Divine? Le Père des cieux qui envoie son Fils unique pour nous sauver, nous ramener à la Vie, nous faire entrer dans son Amour, «mais les hommes ne l’ont pas reçu» (Jn 1,11). Lui qui n’est qu’Amour, au lieu d’être accueilli, a été rejeté. Pourtant, Jésus n’est pas venu dans la gloire, le pouvoir, la domination, mais dans l’humilité, le service, l’abaissement le plus complet. Pour nous, Il a tout donné jusqu’à la dernière goutte de son Sang! Et malgré toutes les ingratitudes des hommes, jamais le Père n’a dit : «Oh! Ils n’acceptent pas mon Fils, eh bien, je vais les châtier, leur retirer mon Amour, me venger et les faire souffrir sans cesse!» Non! Bien au contraire; au lieu de tout cela, Il nous aime, nous ses enfants éternellement, sans condition, à l’infini.

Peut-on imaginer maintenant jusqu’où va la Miséricorde Divine? Elle est sans limite! C’est d’ailleurs ce qui fera dire à sainte Thérèse de Lisieux : «Moi, si j’avais commis tous les crimes possibles, je garderais toujours la même confiance, car je sais bien que cette multitude d’offenses n’est qu’une goutte d’eau dans un brasier ardent.» La confiance, voilà la clé qui ouvre la voie de l’Amour. Jésus disait d’ailleurs à sainte Faustine : «L’humanité n’aura de paix que lorsqu’elle s’adressera avec confiance à la Divine Miséricorde». Qu’est-ce donc qui nous empêche d’aller à Dieu avec confiance? Notre monde semble maintenu par la peur. Peur de la maladie, de la souffrance, de la guerre, du silence, du vide, de la mort. La peur nous rend véritablement prisonniers de nous-mêmes, elle nous empêche de nous découvrir et de nous ouvrir aux autres.

Bien sûr, c’est une tactique bien subtile du démon qui désire nous maintenir dans la peur afin de nous faire souffrir de plus en plus. Il veut que nous soyons malheureux, que nous nous perdions en nous maintenant ignorants de nous-mêmes. Si le mal cherche à se servir de la peur pour nous tenir en son pouvoir, le Christ Sauveur, Lui, désire chasser de nous toute crainte pour nous redonner Vie. Par son Amour Miséricordieux, Il nous invite à entrer dans l’expérience du regard du Père sur nous afin d’être transformés et renouvelés. En fait, notre crainte d’aller à Dieu est souvent causée par notre propre regard sur nous-mêmes. Nous pensons que Dieu nous voit comme nous nous voyons. En fait, c’est nous qui ne voyons pas ce que nous sommes véritablement, c’est en Dieu que nous l’apprenons. Le sacrement de la Miséricorde vient donc nous libérer : nous nous étions tenus prisonniers, Il nous fait redécouvrir notre réelle identité, notre vraie beauté d’enfants de Dieu créés à son image et à sa ressemblance. Dieu nous aime tel que nous sommes!

Courons vers le Cœur Miséricordieux du Père en toute confiance! Dépassons enfin le regard que nous avons sur nous-mêmes et sur les autres et plongeons notre regard dans Celui de Dieu. Ne restons plus prisonniers de notre mal intérieur, de notre souffrance, et fixons notre regard sur le Christ, Lui qui a pris sur Lui tous nos péchés; Il nous a libérés une fois pour toutes!
Le Christ fait ce cadeau de sa Miséricorde à notre monde d’aujourd’hui, pour notre temps. N’attendons pas plus longtemps pour le saisir et pour réclamer le prix de cet Amour de Dieu pour chacun de nous. Bénéficions dès maintenant de ce bonheur sans fin, éternellement! Pourquoi rester dans la peur plus longtemps? Ouvrons toutes grandes les portes de notre cœur au Christ Miséricordieux, car «c’est la confiance et rien que la confiance qui doit nous conduire à l’Amour.» (Sainte Thérèse de Lisieux)

Marie-Ève Duval