La Miséricorde, divine étreinte d’amour

La Miséricorde de Dieu et sa tendresse vont de pair. C’est parce qu’Il nous aime tant qu’Il est si miséricordieux envers nous et c’est parce que sa miséricorde est si grande qu’Il nous aime ainsi. Jésus, est venu dans le monde, il a pris notre condition humaine, a accepté de porter tous nos péchés, les amenant à la mort une fois pour toute afin que nous ayons la vie en abondance.

Le sacrement de la Miséricorde ou, communément appelé « sacrement de la pénitence et de la réconciliation », est source de paix, de libération et surtout de guérison pour notre être tout entier : corps, âme, esprit et cœur. Et comment? Pourtant, avant même de se présenter à ce sacrement, nous sommes déjà pardonnés par le Seigneur! Alors, pourquoi y aller? Afin de goûter pleinement à la douce et divine Miséricorde du Père Éternel. « Recevoir le pardon de nos péchés n’est pas quelque chose que nous pouvons nous donner nous-mêmes. Moi, je ne peux pas dire : je me pardonne mes péchés. Le pardon se demande, il se demande à un autre et dans la confession nous demandons le pardon à Jésus. Le pardon n’est pas le fruit de nos efforts, mais c’est un cadeau, c’est un don de l’Esprit Saint, qui nous comble de la fontaine de miséricorde et de grâce qui jaillit sans cesse du cœur grand ouvert du Christ crucifié et ressuscité. » (Pape François). Jésus désire nous donner le pardon, c’est pourquoi il nous invite à aller à sa rencontre. À travers le prêtre, c’est notre Dieu qui est là! Il ne fait pas que le représenter, Dieu est vraiment en Lui! À ce moment, le prêtre ne s’appartient plus, il est dans son sacerdoce saint et irréprochable. Il est au Christ et le Christ est à Lui. Cela semble bien mystérieux, me direz-vous? Voilà ce à quoi la foi nous appelle, à voir au-delà de ce qui peut être vu.

Dieu est tendresse et pardon.  Sa très grande Miséricorde pourrait se définir par cette image : Lorsque nous tombons face à la tentation du péché, nous décidons de nous séparer de Dieu; bien sûr, comme saint Paul le dit lui-même : « Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. » (Rm 7,19) Malgré cela, c’est comme si on coupait la corde qui nous relie au Seigneur. Jésus a un bout de la corde et nous avons l’autre bout, mais nous ne sommes pas reliés. Lorsque l’on revient vers Lui, dans le sacrement de la Miséricorde, Jésus prend la corde que nous avions coupée et il fait un nœud pour qu’elle soit de nouveau rattachée à Lui. Finalement, plus nous tombons et revenons à Lui et plus la corde se rapetisse et plus on se rapproche de Dieu. La Miséricorde, en fait, c’est une corde que Dieu nous tend pour nous sortir de la misère.

Si ton cœur se fait lourd, que ton esprit est troublé et que ton âme a perdu la paix, il est temps de courir vers Jésus qui te dit : «Mon joug est doux à porter et mon fardeau léger; viens à moi, je te soulagerai.» Et c’est ce qu’Il fait dans le sacrement de la Miséricorde; c’est ce qui se passe; Il nous libère de tous nos fardeaux, de tout ce qui pèse lourd sur nous, ainsi nous pourrons repartir le cœur léger et en paix. Et même s’il nous arrive de retomber, n’oublions pas que notre Dieu est riche en miséricorde et qu’Il ne se lasse jamais de nous pardonner!

Comme le fils prodigue qui revient après avoir gaspillé les biens et les grâces de son père en se séparant de lui, nous aussi, allons vers notre Père, en revenant à la maison de notre cœur avec un amour sincère et vrai. Jésus est là les bras grands ouverts et Il te dit : «Viens mon enfant, tu es à moi; je ne te condamne pas, il y a si longtemps que je t’attends pour te dire combien je t’aime!» N’est-ce pas merveilleux? Sa Miséricorde, c’est sa tendresse qui nous enveloppe. Quelle beauté, quelle grandeur! Le Sacrement de Miséricorde nous invite donc littéralement à nous jeter dans les bras du Père et à se laisser aimer de cet Amour qui libère, façonne, transforme et guérit. Qu’aurions-nous encore à craindre? Dieu est Miséricorde et son Amour est infini!

Vouloir vivre la Miséricorde, c’est aller jusqu’au bout de l’amour comme le Christ l’a fait. Aller au bout de l’amour m’invite donc à me rendre jusqu’au don de moi-même. Oui, par le don suprême de la vie du Christ, nous sommes devenus des hommes et des femmes renouvelés, habités par le Saint Esprit. Lorsque Jésus nous dit : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés », cela n’est pas toujours facile à vivre. Il nous faut la Miséricorde de Dieu pour s’aimer tel que nous sommes comme étant créés à la ressemblance de Dieu par Amour, dans l’Amour et pour l’Amour. Il est bon et beau de vouloir goûter nous-mêmes à la Miséricorde de Dieu, mais elle ne pourra pourtant être complète que si nous voulons en vivre à notre tour.

La Miséricorde nous invite donc à voir la présence de Dieu en tous et chacun, à voir en l’autre qui est mon frère, ma sœur, quelqu’un qui est sauvé et pardonné par le Christ tout comme moi je le suis. Reçu comme un don gratuit, ce pardon, je le transmets à mon tour à mes frères et sœurs et je deviens ainsi signe de la Miséricorde Divine. Soyons donc miséricordieux pour nous-mêmes d’abord et pour les autres. Oui, comme notre Jésus d’amour nous le dit : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront Miséricorde. »

Marie-Ève Duval