Enseignement biblique, Le Lévitique (texte)

ENSEIGNEMENT DU 10 FÉVRIER 2018

LIVRE DU LÉVITIQUE

Loué soit Jésus-Christ!

Nous allons étudier aujourd’hui le troisième livre du pentateuque à savoir le livre du Lévitique. Ce livre peut être considéré comme la prolongation, la continuité du livre de l’Exode. Comme les deux autres d’ailleurs, qui vont suivre : les livres des Nombres et du Deutéronome. En effet, ils nous relatent l’aventure du peuple d’Israël au désert. Toujours en marche vers la terre promise, le peuple de Dieu éprouve des difficultés chemin faisant. Le Seigneur tient à ce que, en arrivant à Canaan, qu’Israël soit suffisamment structuré. Il va continuer à l’instruire et à le modeler encore étant au désert par une série de lois et de prescriptions.

Troisième livre du Pentateuque, le Lévitique est un manuel d’instructions destiné aux lévites qui sont les membres de la tribu de Lévi. Les Lévites sont des mis à part pour le service divin, le culte et l’enseignement de la Loi. Lévi (s’attacher à, se joindre à) leur ancêtre, est selon le livre de la Genèse, le troisième des fils de Jacob nés de Léa sa première épouse; Lévi s’insère entre Siméon et Juda dans la liste des douze frères.

C’est par leur ardeur au service de Yahvé, que les fils de Lévi, les Lévites (tribu très dévouée à servir Yahvé), vont recevoir, d’après le livre de l’Exode, l’investiture et la bénédiction qui feront d’eux les ministres du culte divin.

Le Lévitique est donc le manuel des prêtres contenant des coutumes et des lois divines, destinées à enseigner à Israël comment vivre saintement (le code de la sainteté). C’est en les mettant en pratique que toute personne a la vie. Le Lévitique est en fait, le livre de la sainteté (le mot sainteté revient 87 fois dans le livre). Dieu donne aux Israélites, les moyens nécessaires pour éliminer les obstacles à la communion avec lui. Contrairement au livre de l’Exode où Dieu parle à Moïse sur la montagne, ici, Dieu va parler à Moïse dans une tente (la tente de la rencontre), lieu de rencontre avec le Divin. On trouve ainsi dans ce livre qui compte 27 chapitres trois types de lois :

  • La Loi des sacrifices (Lv 1-7). Parmi les sacrifices que les fils d’Israël étaient autorisés à faire, il y avait : les sacrifices de paix, de communion, de louange; les sacrifices expiatoires : pour le péché, de réparation.

  • la Loi de Pureté (Lv 11-15). Ici, on a trois séries d’ordonnances qui traitent respectivement des animaux purs (ruminants aux sabots fourchus : bœuf, mouton, chèvre, cerf, gazelle…) et impurs (chameau, rongeurs, porc=animal au sabot fendu), de la lèpre (condition d’hygiène défectueuse?) et des impuretés sexuelles.

  • la Loi de sainteté (17-26). Elle se résume par cette exigence : « Soyez saints, car moi, Yahvé votre Dieu, je suis saint » (Lv 19,2). Cette exigence implique qu’Israël se distingue, se sépare des nations païennes non seulement par la foi, mais par ses mœurs et ses rites. Elle concerne tout le monde : les prêtres qui sont des médiateurs et les fidèles.

Les thèmes abordés par le Lévitique portent sur les sacrifices, le sacerdoce, le pur et l’impur, la sainteté, les bénédictions et malédictions. Tous ces thèmes ont une unique finalité : conduire le peuple à la sainteté.

ETUDE DE TEXTE : Lv 19, 1-37 (chemin, voie de sainteté)

  • Soyez saints : Dieu nous lance un appel à la sainteté. C’est ce pourquoi Dieu nous a créé, pour être des saints. La sainteté devient donc une vocation. Après la vocation à la vie, qui est la vocation première, vient la vocation à la sainteté. Nous tous sommes appelés à la sainteté. Et elle commence ici et maintenant. La sainteté au présent : Dieu n’a pas dit vous serez saints, il dit soyez saints. Les saints ne sont donc pas ceux qui sont au ciel. Au ciel c’est l’accomplissement de la sainteté.

  • Car moi Yahvé, votre Dieu, je suis saint : pourquoi devons-nous être saints? Parce que Dieu qui est notre Père nous a créé à son image et à sa ressemblance; il nous a créé saint comme lui. Et c’est cette image de la sainteté en nous qu’il veut qu’on entretienne. La sainteté désigne un mystère, une réalité d’un Dieu à la fois éloigné (difficile à cerner dans sa totalité, nous sommes des êtres limités dans le temps et l’espace) et proche (présent dans notre cœur profond), différent et unique, infini, bon, beau.

    La sainteté nous conduit à la communion vitale et manifeste avec Dieu. Le péché est ce qui rompt cette communion. En dehors des personnes, tout ce qui exprime la présence de Dieu peut être qualifié de saint : le temps (favorable), les lieux, les objets.

  • Pour nous sanctifier Dieu nous donne une règle qui s’applique dans les relations interpersonnelles (avec mon mari, ma femme, mes enfants, mes frères et sœurs, mon employeur, mes employés, mes collaborateurs, les étrangers, les pauvres…). Voici ce que Dieu nous recommande dans nos relations : le respect des autres, la fidélité à nos engagements, l’attention aux autres, la pratique de la justice et de la vérité, la non-pratique de la magie.

CONCLUSION 

  • le Dieu saint, le Dieu d’amour, le Dieu de vie veut faire participer son peuple à sa sainteté, pour qu’il devienne à son tour porteur de vie et d’amour.

  • Être saint c’est être bon, bien (agréable à vivre avec : un homme bien, une femme bien), beau (la beauté physique, spirituelle, dans les actes, le comportement, les gestes d’amitié, les pensées, les belles paroles…).

  • La notion de sainteté comporte trois idées principales : - séparation de tout ce qui est profane, - consécration pour entrer en communion avec Dieu, - engagement au service de Dieu pour faire sa volonté.

  • Les lois divines ont donc pour but la pureté et la sainteté, si elles sont transgressées, on fait des sacrifices, des offrandes d’expiation des péchés.

  • La communion avec Dieu est une nécessité vitale pour toute personne.

  • Pour nous les chrétiens, c’est Jésus qui a payé par son unique sacrifice pour nous redonner notre sainteté volé par le péché, c’est lui qui rétablit la communion perdue entre Dieu et nous. C’est donc nous aujourd’hui, ce peuple saint gouverné non par les rois de ce monde, mais par Dieu lui-même. La sainteté s’entretien en passant.

P. Benjamin ÉBODÉ ONAMBÉLÉ, msa

Père Benjamin Ébodé Onambélé msa