La vie consacrée : la joie d’être au Christ

Dans le cadre de l’année de la vie consacrée décrétée par le pape François, nous vous offrons ce partage d’une jeune religieuse de 34 ans, Augustine de la Miséricorde de Jésus, sœur Sarah McDonald qui nous livre quelques parcelles du don total de sa vie au Christ.

Née de parents peu pratiquants, c’est quand même au sein de sa famille que Sr. Sarah apprend d’abord des valeurs importantes de l’Évangile : le partage et l’accueil de l’autre. À 16 ans, un évènement la bouleverse alors qu’une amie très proche perd subitement son père. C’est à ce moment qu’elle crie vers le Seigneur lui demandant son aide pour accompagner son amie dans cette dure épreuve. Encouragée par celle-ci, Sr. Sarah fait sa Confirmation où plus de 5000 personnes sont rassemblées. «À ce moment, le Seigneur m’a donné la grâce de vivre cette Église universelle, de goûter à la puissance des sacrements et à celle de l’Église, unie dans la prière.»

Puis, vient l’université. Elle fait son BAC en sciences des religions mais se questionne: «Qu’est-ce que je vais faire avec ça?» Cette interrogation éveille en elle toute la question de vocation, de discerner où le Seigneur l’appelle. Dans son enfance, elle n’avait pas connu de religieuses ni de prêtres, mais à l’université, elle rencontre des témoins, des femmes engagées à la suite du Christ en tant que consacrées qui l’interpelleront et lui permettront de dire à son tour : «Oui, Seigneur, moi aussi je veux me donner complètement.» Sa relation d’amour avec le Seigneur, c’est au sein de sa famille qu’elle la vit d’abord : «Ma famille m’a enseigné l’amour, ce que c’est qu’aimer et je me sentais aimée par ma famille et aimée par le Seigneur.» Et c’est cet Amour qu’elle désire transmettre à tous ceux qui ne se sentent pas aimés. Après ce oui, vient la recherche active de sa communauté. Ne sachant pas trop ce qu’elle cherche, elle fera de nombreuses expériences de rencontre avec diverses communautés.

Une rencontre providentielle l’amène à vivre la Montée Jeunesse en 2006. C’est lors de cet évènement qu’on annonce le projet : Une année pour Dieu; projet de discernement vocationnel. Elle fait le grand plongeon. Le projet terminé, elle cherche un endroit où habiter et les Augustines lui proposent leur maison. Son intention première n’est pas d’entrer là, mais le Seigneur, lui, a d’autres plans pour elle. «Je suis tombée en amour! J’ai trouvé ma place ici!» Elle découvre dans cette communauté les deux piliers importants dans sa vie : l’Église universelle et le service. D’ailleurs, ces religieuses ont comme mission spéciale de prier pour et avec l’Église. En plus des vœux habituels de pauvreté, chasteté et obéissance, elles en prononcent un quatrième, celui de servir les pauvres et les malades.

 

La soif d’une société en quête d’Amour

«Je pense que notre société présentement est en recherche et on voit cette soif, la soif est là et mon espérance c’est de savoir que moi, ma soif a été comblée par l’amour du Seigneur. Et nous, comme jeunes, comme Église, on a à présenter cette eau vive, cet Amour du Christ qui peut combler cette soif-là.»

 

Don de sa vie au Christ, richesse pour le monde et l’Église

« Ce que je porte en moi c’est d’être pleinement la personne que le Seigneur a créée. Le Seigneur ne nous appelle pas à être malheureux, il nous appelle à être heureux, à se donner complètement et ce dans chaque vocation. L’appel à la vie consacrée, c’est de répondre à cet appel d’amour, de bonheur et de joie profonde. C’est un témoignage d’amour au coeur du monde, pour dire que le Christ est présent dans la vie. En tant que communauté, nous sommes appelés à être le visage de l’Amour miséricordieux du Seigneur. C’est notre petite contribution, mais chaque vocation a aussi cet appel-là. »

 

L’habit, signe de ma consécration au Christ

Pour Sr. Sarah, c’est ce que l’habit représente pour elle. Il lui rappelle aussi l’engagement de ses 4 voeux. «Ça se situe particulièrement dans mon voeu de pauvreté. «Disons que ma garde-robe ne déborde pas! Ça ouvre aussi des portes de témoignage, d’ouverture et de dialogue.» D’abord dans son travail (elle est infirmière-auxiliaire dans une résidence de personnes âgées) où des gens en fin de vie, chrétiens ou non, se livrent et parlent ainsi plus facilement de leur spiritualité. Par contre, ça peut aussi fermer des portes et causer certaines réticences. «L’habit n’est pas pour paraître, ce n’est pas pour se faire voir ou pour avoir des privilèges (…) C’est un défi aujourd’hui avec toute la discussion sur la charte des valeurs. Ça n’a pas été facile, ce ne l’est pas encore.»

 

La foi, de génération en génération

Dans la communauté des Augustines on utilise souvent cette phrase : «Nos mères nous ont raconté…» c’est-à-dire qu’il y a une transmission de ce qui a été vécu pour qu’on puisse se l’approprier et le traduire pour aujourd’hui. «Ce n’est pas d’évacuer tout ce qui a été fait pour recommencer à neuf, mais d’aller creuser le sens des gestes et l’articuler pour aujourd’hui.»

 

La joie de l’Évangile au quotidien

« Le Christ est ressuscité, c’est notre joie! Nous sommes sauvés, nous sommes aimés par le Seigneur, mais ça ne finit pas là! Les souffrances dans la vie, il y en a, mais il faut être capables de les porter, toujours avec cet esprit de joie. » C’est ce bonheur que Sr. Sarah veut transmettre que ce soit dans son travail auprès des personnes âgées ou en pastorale avec les enfants. « Même les jours où je suis fatiguée, il faut prendre le temps, il faut être vrai dans ce que l’on est pour être capable d’accueillir. »

 

« Osez aimer, avec Marie »

« Je pense que l’Amour, c’est ce que j’ai à partager avec le monde. J’ai reçu cette grâce d’être aimée inconditionnellement par le Seigneur et de savoir que je suis pardonnée. Je pense que la Miséricorde est importante dans les défis de la vie, car elle nous permet d’aimer l’autre malgré tout! La Vierge Marie pour moi, c’est ma grande amie à qui je peux tout confier! Je lui offre toutes mes intentions et je lui demande d’intercéder pour tous ceux que je rencontre. »

 

Le Christ appelle toujours, gardons espérance

« Oui, le Seigneur appelle encore et Il nous appelle à ne pas être seuls, à être heureux. Notre Église, présentement, passe une période d’Exode, nous sommes le peuple au désert, mais c’est pour parvenir au Royaume. J’en suis convaincue, le Seigneur appelle encore à la fidélité et à l’amour inconditionnel et c’est avec ça, tous ensemble, avec les vocations, que nous allons reconstruire l’Église. »

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