Famille, tradition et continuité historique

La Sainte Famille : famille recomposée

Avez-vous déjà réfléchi au fait que Joseph n’était pas le père biologique de Jésus? Joseph fut choisi par Dieu pour être le mari et protecteur de la Vierge Marie et par le fait même père terrestre de Jésus. Marie a été à deux doigts d’être mère monoparentale. On peut dire que Joseph, Marie et Jésus était une famille recomposée. De plus la notion de famille dans l’antiquité était beaucoup plus large que celle aujourd’hui. C’est-à-dire que tous : frères, sœurs, cousins, cousines, tantes, oncles, grands-parents étaient considérés comme frères et sœurs. Que le père soit ou non le géniteur biologique, il apportait avec lui toute son ascendance filiale. Ce qui veut dire que la filiation divine de Jésus lui est donnée par Joseph, qui était descendant de David, et non Marie. Dans la tradition juive le père était le chef de famille au sens le plus fort, «chef». Toute personne et tout bien, était soumis à l’autorité du père. Donc Joseph, en prenant Marie comme femme, lui donnait toute la légitimité nécessaire à la vie sociale du temps. À l’opposé de notre société actuelle, l’individu pesait peu par rapport à la famille : il n’existait pas en dehors d’elle. La Sainte Famille, de par sa composition, devient l’image qui représente la grande famille chrétienne où tous sont accueillis non par ascendance filiale mais par amour filial.

 

L’Amour comme ciment de la famille chrétienne

Joseph prend Marie pour femme, parce que son amour pour Dieu est plus grand que le poids de la tradition. Déjà l’effet Jésus commence à se faire sentir même avant sa naissance. La Sainte Famille donne une vision plus ample de la famille, du cercle familial et du peuple de Dieu. Tous les hommes et les femmes sont frères et sœurs de Jésus-Christ. Dans l’antiquité la famille est vue comme un clan, une force qui unit et qui soutient. Elle est basée sur le principe de l’adoption filiale et non sur la descendance biologique. Fait partie de la famille celui ou celle qui, de par son engagement, contribue au développement et à l’harmonie de cette même famille (les esclaves étaient considérés comme membre de la famille). N’est-ce pas de cela qu’il s’agit quand on parle de la grande famille Chrétienne ?

 

La famille : évolution dans le temps

Au moyen-âge (du Vème au XVIIème siècle) la famille est constituée de membres qui sont unis par le lien de sang provenant de la descendance du père. Cela permet de limiter la distribution du patrimoine. On le transmet à ses enfants par le sang et, par l’éducation, ses qualités de noble. Pour les autres, on pratique souvent le même métier de père en fils. À cette époque les mariages sont programmés par la famille, en particulier le père.

À l’époque de la modernité (XVIIIème et XIXème siècles) le principe bourgeois de la famille est le prolongement logique de la famille du moyen-âge. Afin de préserver le patrimoine et la place sociale de la famille les mariages sont décidés par les parents dans le seul but de préserver la famille dans son patrimoine physique et social. On s’éloigne de la famille chrétienne présentée par l’exemple de la Sainte-Famille.

 

Qu’en-est-il de la famille au XXIème siècle ?

Sans vouloir offensé qui que ce soit, peut-être devrions-nous revoir notre jugement à la lumière de l’évolution de la famille dans le temps et avec les yeux du Christ. Peut-être devrions-nous voir la ressemblance de nos familles avec celles proposée par le Christ pour sa la grande famille chrétienne unis, non plus par obligation, mais par amour des uns pour les autres. Joyeux Noël.

Robert Payeur