En route vers Bethléem

L’étoile de l’Avent qui guida les Rois Mages vers Bethléem symbolise pour nous, pèlerins de la vie, Jésus éclairant notre chemin vers son Père. À l’exemple de ces mages venus de loin pour adorer le nouveau Roi du monde, il nous faut beaucoup de foi pour partir sur le chemin de notre vie rejoindre notre créateur. « La création aspire de toutes ces forces à voir la révélation du Fis de Dieu ». Il fallait qu’ils soient habités d’une foi sans mesure pour partir à la suite d'une étoile, et franchir des centaines de kilomètres afin de se prosterner devant l’enfant d’une très jeune femme appelée Marie.

L’humanité, représentée par ces rois, est partie à la rencontre de son Sauveur. Chaque individu qui a décidé de confier son pèlerinage terrestre à Dieu verra, un jour, de ses yeux de ressuscité, la gloire de Dieu. Mais pendant le voyage nous perdons le cap, nous avançons dans le noir, nous doutons de notre foi, nous tournons en rond en pestant contre la Providence car il nous semble qu’elle nous a abandonnés. Comme les Rois Mages qui perdirent de vue l’étoile et de ce fait allèrent rencontrer Hérode, nous allons vers des destinations douteuses. Par contre, Dieu, à travers ces rencontres, nous parle quand même.

Dans le silence du voyage à travers les étapes plus ou moins longues de notre pèlerinage, dans nos moments de solitude et de silence, Dieu nous parle encore plus fort. Pendant leur long voyage vers Bethléem les mages ont eu de grands moments de silence et de méditation : ils ont douté, ils ont remis en question leur choix, ils ont manifesté leur impatience, ils se sont réconciliés, ils ont été des êtres humains avec leurs défauts et leurs qualités, cela ressemble étrangement à notre vie. Pourtant ils ont atteint leur but malgré les obstacles et les embuches.

Comme les rois, nous apportons comme présent l’or de notre foi qui brille dans le monde comme une lampe sur le boisseau, l’encens de notre prière qui intercède pour tous nos frères et sœurs, et la myrrhe de notre repentance qui lave notre âme et purifie nos cœurs. Comme les mages nous offrons à Jésus le pouvoir royal sur notre vie (or); le pouvoir sacerdotal de notre baptême (encens); et le pouvoir spirituel de notre âme (myrrhe). Veillons au cours du chemin à ne pas perdre de vue l’étoile de notre espérance, Jésus miséricordieux.

Pourquoi ne serions-nous pas, comme nous le décrit le poète Henry van Dyke dans son conte de Noël, ce quatrième roi mage qui voulait apporter à l’enfant Jésus trois pierres précieuses. Il vendit tous ses biens et acheta les pierres. Au cours de son chemin il rencontra des pauvres et des miséreux, pour qui il sacrifia ses présents. Jamais il n’arriva à la crèche mais jésus lui apparut plus tard pour le remercier de l’avoir accueilli, soigné et aimé.

Sommes-nous conscient des conséquences pour notre prochain de nos paroles et nos actes? Par contre, comme les rois mages ce dont nous sommes sur, c’est de trouver Jésus au bout du chemin si nous le parcourons dans la foi, l’espérance et la charité. Soyons des pèlerins de paix et de charité afin qu’à notre arrivée Jésus et Marie nous sourient.

Robert Payeur