Bienvenue chez-vous

Il y a une dimension primordiale dans le message de Jésus-Christ et c’est l’accueil de l’autre. Jésus dans son existence terrestre à toujours fait une place de choix à ceux qui venaient le voir. Il a accueilli sans condition toutes les personnes désireuses de le rencontrer, de l’écouter et de lui parler. Il s’est mis dans des situations périlleuses en dénonçant le fardeau que les scribes et les pharisiens imposaient aux croyants. Il a dénoncé les injustices faites à l’étranger, aux pauvres, à la veuve et l’orphelin. Il nous a commandé de s’aimer les uns les autres comme Il nous a aimés. Cette valeur est inscrite dans le patrimoine social des québécois. Notre héritage Judéo-chrétiens a profondément marqué nos habitudes de vie. Nous devons en être fier et surtout se rappeler ce que nos ancêtres en ont fait.

Du plus loin que je me rappelle et du plus loin de notre histoire nous avons toujours été un peuple accueillant. Dans la maison de mon enfance cette dimension était assurée par ma mère appuyé, dans ses décisions par on père. Il y avait toujours une place à la table pour nos amis, il y avait toujours une place à coucher pour ceux et celles qui en avaient besoin. Nous n’étions pas riches mais il y avait toujours quelques choses pour quelqu’un dans le besoin.

J’ai en mémoire un évènement qui s’est passé au cours de mon adolescence. Vers 2h00 du matin je sortais d’une soirée de danse et j’ai aperçu assis devant le restaurant de la rue principale un de mes amis qui avaient consommé du houblon un peu trop pour sa personne. Il était désemparé et ne voulait surtout pas rentré chez lui de peur de se faire apostrophé par son père d’une manière pas trop cavalière. Je lui ai proposé de venir coucher chez-moi afin qu’il puisse avoir une explication décente à donné à ses parents le lendemain. Évidemment à mon arrivé à la maison, mon copain a retourné le trop plein dans la toilette. Cela à réveillé ma mère qui est venu voir ce qui se passait. Je lui ai signifié de ne pas s’inquiéter que j’avais le contrôle de la situation. Quand mon ami s’est réveillé le lendemain il était gêné de se présenter au déjeuner. Il est arrivé à la table avec un air de chien battu. Mes parents l’on accueilli avec un sourire complice et on fait comme si rien ne s’était passé. Ils comprenaient très bien qu’à l’adolescence on pouvait parfois dépasser les normes et ne pas être plus méchant pour cela. Nous avons déjeuné et mon père lui a proposé de téléphoner chez lui pour expliquer à ses parents qu’il avait couché chez nous et comme il était tard, après la danse, il n’avait pu les prévenir, que tout allait bien et qu’il s’était bien comporter.

Un évènement banal de la vie qui, sûrement, vous rappelle quelque chose de semblable. Mais pour moi ce comportement est un signe qui me permet de comprendre une dimension importante de l’Évangile : la tolérance. Être capable de discerner entre une erreur et une faute grave. Être capable d’éduquer par la compréhension tout en étant conscient que le comportement fautif doit être corrigé. Que la leçon est bien plus profitable quand elle est vécue dans l’humilité et la conscience que l’acte posée nous place dans une situation honteuse. Dans l’accueil il y a cette conscience du respect de l’autre qui nous amène à comprendre tout en étant lucide. Il y a cette volonté de soulager tout en se respectant dans ses convictions. Enfin il y a la présence du Seigneur à chaque fois que l’on fait à son frère, à sa sœur ce que l’on voudrait que l’on fasse pour soi. Il y a la réalisation du commandement de l’amour : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé.

Robert Payeur