Ma visite à la crèche

L’émerveillement est toujours au rendez-vous devant une crèche abritant la Sainte-Famille. La popularité des expositions de crèche en est une authentique confirmation. N’est-il pas beau de voir des parents guidant leurs enfants à la rencontre de l’Enfant Jésus de la crèche !

Pour Joseph et Marie, les circonstances de la naissance de notre Sauveur, ne furent pas favorables à un bon accueil. Le récit biblique nous dit : « Marie mit au monde son Fils premier-né, l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu'ils manquaient de place dans la salle. » (Lc 2, 7) Dans un pays où l’hospitalité était de rigueur, il est assez invraisemblable qu’il n’y ait pas eu de place dans la salle commune au moment où une jeune femme est sur le point d’accoucher. Cela traduit quelque peu la limite des moyens des parents de l’Enfant Jésus. Surtout, il y a là un message pour tous et pour toujours.

L’Esprit du Seigneur étant le grand planificateur de tous les événements, la scène nous présente un Fils de Dieu qui s’est fait pauvre pour nous enrichir de ses bienfaits : « Lui étant dans la forme de Dieu n'a pas usé de son droit d'être traité comme un dieu mais il s'est dépouillé prenant la forme d'esclave. Devenant semblable aux hommes et reconnu à son aspect comme un homme. » (Ph 2, 6-7)

Du début à la fin de sa vie, le Christ est nu, dépouillé, pauvre pour sauver les pécheurs rendus non seulement pauvres, mais misérables par leurs péchées qui les privent de la vie de leur Créateur.

La révélation de la vie nouvelle se manifeste plus tangiblement devant un nouveau-né que devant un vieillard qui agonise. Dans la foi, ce dernier est à la porte de la vie nouvelle, la vie éternelle. Nos limites humaines peuvent mieux comprendre la présence amoureuse du Seigneur dans son enfance que dans le drame de la Passion. Nos indignations s’apparentent à la réaction des Apôtres au moment où le Christ leur révélait qu’il devait souffrir et mourir : « Non, cela ne t’arrivera point ! » (Mt 16, 22).

Avec nos cœurs d’enfant, disposons-nous à bien vivre le mystère de la naissance de Jésus. Que notre hospitalité envers leur enfant console Joseph et Marie du refus de leurs contemporains ! Celui que nos yeux contemplent dans la crèche veut naître et grandir dans la crèche de nos cœurs avec leur espérance et leur noirceur.

Un vrai Joyeux Noël à tous en accueillant bien Celui qui est l’occasion de cette fête !

Recteur P. Henri Paradis, m.s.a.