Fuir pour survivre…

« L’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi, prends avec toi l’enfant et la mère, et fuis en Égypte ; et restes-y jusqu’à ce que je te dise. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr ». (Mt 2, 13)

Comme les plans du Seigneur sont parfois déroutants - c’est le cas de le dire - nous faisant perdre notre route, perdre le bon sens !

Au moment où le Messie se pointe pour naître, tout le menace. Non seulement Joseph et Marie, doivent voyager, alors qu’elle est enceinte, pour aller se faire recenser au pays de leur ancêtre David, mais une fois l’enfant né, dans les conditions qu’on connaît, sa vie est menacée par le Roi de l’époque.

Fort heureusement, Dieu est Dieu et Maître des événements. Son Ange avertit Joseph de fuir en Égypte car son « heure » n’est pas encore venue d’être martyrisé. D’autres innocents le sont et Dieu sait la valeur de leurs sacrifices qui fut aussi celui de leurs parents. Le juste Joseph sans hésiter écoute son Seigneur avec confiance malgré l’environnement menaçant.

On peut s’imaginer que le départ précipité, de nuit pour passer inaperçus, a dû se vivre avec un stress et une angoisse pénibles à supporter, tant pour la Mère de l’enfant que pour son père. Dans de pareilles épreuves, le silence s’impose de soi. Ce n’est pas le moment du bavardage. Il serait bien inutile de crier au secours à pleins poumons. La menace exige la discrétion maximale.

Ce voyage ne fut pas programmé mais il faisait remonter, comme en pèlerinage, au lieu d’où le Peuple choisi était parti vers la Terre Promise après une vie d’esclave. Saint-Mathieu, préoccupé à démontrer que la venue de Jésus accomplit les Écritures, pourra dire : « D’Égypte, j’ai appelé mon fils » (Mt 2, 15).

Encore de nous jours, que de peuples sont déplacés à cause de la guerre ou de cataclysmes naturels ! L’année 2010 a été marquée, dès ses débuts, par le terrible tremblement d’Haïti, laissant des milliers de personnes sans abris et un grand nombre d’enfants orphelins. Les inondations du Pakistan ont déplacé des populations par millions, etc. Toutes les grandes villes accueillent des gens venus de partout. Que de gens ne vivent plus dans leur pays ! Le Fils de Dieu, en se faisant homme, s’est fait proche de tous ces expatriés, Lui qui n’avait pas une pierre pour reposer sa tête.

Et nous ? Ne nous leurrons pas, notre demeure permanente n’est pas de ce monde, bien qu’il faille s’y impliquer. Ne risquons pas de somnoler dans un monde où les dangers, s’ils ne sont pas toujours physiques, n’en sont pas moins désastreux car le Seigneur nous avertit de ne pas craindre celui qui tue le corps et qui a le pouvoir de jeter dans la géhenne (Lc 12,5).

Bientôt Noël, la fête de la venue de notre Sauveur. Si nous savons lui faire confiance, l’écouter - faisant taire tous les bruits qui veulent nous étourdir - son Ange saura à nouveau nous conduire là où nos vies seront sauvées.

Recteur P. Henri Paradis, m.s.a.